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Chroniques d'un entrepreneur et de ses 20 agents IA · Épisode 11 : Elle va se débrouiller

Épisode 11 d'une série vécue : l'illusion d'une IA qui « se débrouille » seule. Code vérifié, architecture maîtrisée, cas frontières testés : l'expertise des développeurs devient centrale.

Laurent Cuénoud
Illustration de roman graphique : dans un open-space contemporain, un développeur pointe un bloc de code sur un grand écran pour le vérifier ; à ses côtés, l'entrepreneur au crâne rasé observe avec un sourire satisfait, et une agente IA en chemisier bleu présente son travail.

« On n’a qu’à dire à l’IA ce qu’on veut, elle se débrouille. »

Cette phrase, je l’ai souvent entendue. Et je dois l’avouer : à un moment donné, je me la suis faite à moi-même.

L’illusion se comprend : l’IA est réellement capable de faire beaucoup de choses, avec des compétences techniques hors normes, très pointues. Elle programme un connecteur en quelques minutes. Elle monte un workflow complet pendant que vous buvez votre café.

Premier garde-fou, pourtant. On ne peut pas laisser l’IA programmer un connecteur ou un workflow, puis se dire : « Voilà, elle a tout fait, tout marche. » Le code écrit doit être vérifié : des brèches de sécurité peuvent s’y cacher, des incohérences aussi. Et l’ensemble doit rester aligné sur l’architecture du système.

Le deuxième point va plus loin. La force de nos agents, c’est de connecter tous les systèmes avec lesquels nous travaillons, ainsi que les systèmes externes où nous allons puiser des informations, parfois en inscrire. La cohérence de cette architecture exige de comprendre parfaitement ce qui est possible. Et de pouvoir valider, en connaissance de cause, les points de validation que l’IA sollicite.

Un exemple vécu. Je veux me connecter à l’API d’OpenAI pour accéder à un modèle qui génère des schémas. L’agent me guide : transmettre le contenu, fournir une clé API de connexion. Première étape : comprendre ce qu’il me dit. Deuxième : valider que c’est bien la bonne méthode. Troisième : générer la clé au bon endroit, la transmettre à l’agent. Et ensuite, tester. L’agent teste les flux lui-même, bien sûr. Mais on doit être capable de le diriger : lui demander de couvrir précisément les cas frontières, ces situations délicates où les systèmes se comportent mal.

In fine, l’agent nous appuie réellement. Il produit du code de très bonne qualité, très rapidement. Mais cela demande une supervision, et une parfaite maîtrise de l’architecture globale du système.

Et là, je dois dire ma satisfaction. Ce mode de travail valorise l’expertise des développeurs qui travaillent avec moi : leur rôle est poussé vers davantage de valeur ajoutée. C’est passionnant pour eux, c’est passionnant pour moi. Et cela nous permet de produire des systèmes intégrés et des automatisations de flux très sophistiqués, parfois très complexes, de manière irréprochable : un fonctionnement mûrement testé, une architecture définie de manière optimale.

Alors oui, on dit à l’IA ce qu’on veut, et elle se débrouille. À condition que quelqu’un, à côté, sache exactement ce qu’elle fait.

Laurent Cuénoud, fondateur de Djtal, août 2026

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