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Chroniques d'un entrepreneur et de ses 7 agents IA — Épisode 3 : Pas facile d'être un héros aux côtés de superwoman
Épisode 3 d'une série vécue : mes agents IA ne dorment jamais. Remote control, validations à toute heure, nuits écourtées — la fatigue d'être humain à leurs côtés.
Depuis que je travaille avec mes agents, j’ai compris une chose : tout passe par moi. Les ordres, mais aussi les validations, les arbitrages, les choix. Le système me sollicite sans cesse — valide, autorise, décide.
Et ces échanges me passionnent au point que je ne vois plus le temps passer. J’enchaîne les journées sans compter mes heures. Car mes agents sont infatigables. Je leur confie une tâche, ils l’exécutent aussitôt. Moi, il faut que je vive, que je mange, que je dorme et que je dédie du temps à ce qui compte : ma famille, mes employés, mes clients, ma musique.
C’est là que je découvre une petite fonction qui semble insignifiante : le remote control. Génial — je pilote mes agents depuis mon mobile, l’ordinateur reste allumé, ils tournent, et moi je valide à distance, comme si j’étais derrière l’écran. Ce que je n’avais pas mesuré, c’est à quel point ça allait me solliciter.
L’autre jour, je marche dans la rue. D’habitude, là, je ne sors pas mon écran — ce sont des moments à moi, où mon esprit respire. Mais cette vibration-là est différente. Ce n’est pas un message : c’est Victor, un de mes agents. — Laurent, peux-tu valider ce point ? Et le piège est là : tant que je ne réponds pas, il s’arrête. Lui peut attendre des heures, ça ne le dérange pas. Mais pendant ce temps, il ne fait rien — alors que je le sais capable de travailler. Alors, entre deux pas, je valide.
Dans l’ascenseur, ça vibre : je valide. Plus loin, Iris veut trancher un choix éditorial : je valide. Le soir, un film avec mon épouse, ça vibre — Sofia a besoin d’un arbitrage. Discrètement, j’appuie. Je me brosse les dents : Athena, une validation. Je clique. Et juste avant le lit, Cassandra me pose une vraie question de fond. Là, deux mots ne suffisent pas. Je retourne à l’ordinateur. Je réponds à Cassandra — puis à Sofia, puis à Iris, puis encore à Athena.
Il est deux heures du matin. Il faut dormir. Mais puisqu’ils peuvent travailler toute la nuit… si je leur laisse les bonnes consignes, tout sera livré à mon réveil. Je m’y mets. Une heure passe. Là, vraiment, je n’en peux plus. Je vais me coucher.
Le matin, c’est magique : je découvre le travail de la nuit. Ils n’ont pas chômé.
La morale ? Ce n’est pas toujours facile de vivre aux côtés de superwomen et de supermen quand on n’est qu’un fragile être humain — qui a besoin de dormir, de manger, de faire des pauses, et de garder une vie de famille.
Laurent Cuénoud, fondateur de Djtal — juin 2026
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