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Série · Chroniques d'un entrepreneur et de ses 7 agents IA

Épisode 6 : La chute de l'empire romain (ou presque !)

Gavés de savoir rangé à la logique humaine, mes sept agents IA grossissent et se disputent les dossiers — jusqu'à la refonte d'architecture qui les remet d'accord.

Laurent Cuénoud
Illustration roman graphique : sept agents IA devenus corpulents se disputent des dossiers dans un bureau envahi de classeurs, sous le regard consterné de Laurent.

En démarrant avec mes agents, mon premier réflexe a été de les gaver de savoir. Fais-moi cette étude de marché. Regarde ce que font nos concurrents. Qu’est-ce que les clients demandent ? Quel savoir-faire de pointe prodiguent les grands cabinets de conseil, et comment l’adapter au terrain romand ? Comment fonctionnent les entreprises ici, quelle est la mentalité des dirigeants ? Les meilleures pratiques de vente, de marketing, de référencement, de développement. À peu près tout ce qu’on peut imaginer.

Et j’ai rangé tout ce savoir à ma manière. Des centres de compétences, une base de connaissances structurée selon ma logique humaine, héritée de mon expérience. En somme, j’ai calqué mes agents IA sur ma façon de penser.

Petit à petit, mes agents ont perdu en efficacité. Ils ont pris du poids. Ils sont devenus énormes. Puis la discorde s’est installée : frontières de responsabilité floues, domaines de compétences qui se chevauchent. Mes agents, devenus obèses, s’arrachaient les dossiers et se contredisaient les uns les autres.

Le déclin de l’empire romain, en accéléré, dans mon bureau.

J’ai eu peur. Encore une fois, je me suis dit : ça y est, c’est la fin, c’est la chute, mon projet a raté.

C’est alors que les modèles ont progressé — Opus 4.8, puis Fable 5 — et m’ont permis une première vague d’optimisation. Surtout, j’ai fini par comprendre, et accepter, que ce n’était pas à Claude de se calquer sur ma manière de fonctionner. La relation devait être bidirectionnelle. Claude doit comprendre comment nous travaillons — nos processus, nos habitudes, nos forces. Et nous devons comprendre comment lui fonctionne — comment il capitalise le savoir-faire de manière efficace.

Alors j’ai lancé des chantiers de fond en comble. Tout repassé en revue. Les compétences restructurées en modules que les agents se partagent. Des règles strictes qui dictent les manières de fonctionner. Des procédures de démarrage, de clôture propre, de nettoyage, de partage d’informations entre agents. Une architecture repensée pour eux autant que pour moi.

Au passage, j’ai découvert qu’on peut régler l’effort de raisonnement du modèle. Fable 5 à l’effort maximal : là, ça cartonne — une autre histoire.

Mes agents ont retrouvé le droit chemin, et leur performance un sérieux coup d’accélérateur : pertinence des informations, manière d’interagir, utilité des livrables. Affûtés, alignés, enfin d’accord entre eux.

Rome a tenu. Elle a juste changé d’architecture.


Laurent Cuénoud, fondateur de Djtal — juillet 2026

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